‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 229 sur 417 · CARDES · texte numérisé non relu

CARDES

FLAMINIUS

Si pour moi vous êtes en colère ,

Seigneur, je n’ai reçu qu’une offense légère :

Le sénat en effet pourra s’en indigner ;

Mais j’ai quelques amis qui sauront le gagner.

PRUSIAS

Je lui ferai raison ; et dès demain Attale Recevra de ma main la puissance royale :

Je le fais roi de Pont , et mon seul héritier.

Et quant à ce rebelle , à ce courage fier,

Rome entre vous et lui jugera de l’outrage :

Je veux qu’au lieu d’ Attale il lui serve d’otage;

Et, pour l’y mieux conduire, il vous sera donné ,

Sitôt qu’il aura vu son frère couronné \

* Pourquoi cette idée soudaine d’envoyer Nioomède à Rome? elle paraît bizarre. Flaminius ne l’a point demandé, il n’en a jamais été question. Prusias est un peu comme les vieillards de comédie, qui prennent des résolutions outrées, quand on leur a reproché d’être trop faibles. Il est bien lâche, dans sa colère, de remettre son fils aîné entre les mains de Flaminius, son ennemi. (V.)

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