VIRIATE, PERPENNA, AUF1DE, TH A MIRE
Vous m’aimez , Perpenna ; Sertorius le dit Je crois sur sa parole , et lui dois tout crédit.
Je sais donc votre amour ; mais tirez-moi de peine : par où prétendez-vous mériter une reine,
A quel titre lui plaire, et par quel charme un jour Obliger sa couronne à payer votre amour?
PERPENNA
Par de sincères vœux, par d’assidus services,
Par de profonds respects, par d’humbles sacrifices ;
Et si quelques effets peuvent justifier...
Eh bien ! qu’êtes-vous prêt à lui sacrifier?
PERPENNA
Tous mes soins , tout mon sang , mon courage , ma vie.
Pourriez-vous la servir dans une jalousie ?
PERPENNA
Ah , madame!..
A ce mot en vain le cœur vous bat ; Elle n’est pas d’amour, elle n’est que d’État.
J’ai de l’ambition , et mon orgueil de reine Ne peut voir sans chagrin une autre souveraine ,
Qui, sur mon propre trône à mes yeux s’élevant, Jusque dans mes États prenne le pas devant *. Sertorius y règne , et dans tout notre empire 11 dispense des lois où j’ai voulu souscrire.
Je ne m’en repens point , il en a bien usé ;
Je rends grâces au ciel qui l’a favorisé.
* Prenne le pas devant ne se, dit plus , et présente une petite idée. Voilà de ces choses qu’il faut ennoblir par l’expression. Racine dit :
Je ceignis la tiare , et marchai son égal.