ACTE II, SCÈNE IV
Mais , pour vous dire enfin de quoi je^uis jalouse , Quel rang puis-je garder auprès de son épouse?
Aristie y prétend , et l’offre qu’elle fait ,
Ou que Ton fait pour elle , en assure l’effet.
Délivrez nos climats de cette vagabonde,
Qui vient par son exil troubler un autre monde ;
Et forcez-la sans bruit d’honorer d’autres lieux De cet illustre objet qui me blesse les yeux.
Assez d’autres États lui prêteront asile.
PERPENNA
Quoi que vous m’ordonniez , tout me sera facile :
Mais quand Sertorius ne l’épousera pas ,
Un autre hymen vous met dans le même embarras.
Et qu’importe , après tout , d’une autre ou d’ Aristie, Si...
Rompons , Perpenna , rompons cette partie ; Donnons ordre au présent; et quant à l’avenir,
Suivant l’occasion nous saurons y fournir.
Ee temps est un grand maître , il règle bien des choses Enfin je suis jalouse , et vous en dis les èauses. Voulez-vous me servir?
PERPENNA
Si je le veux ? j’y cours ,
Madame , et meurs déjà d’y consacrer mes jours.
Mais pourrai-je espérer que ce faible service Attirera sur moi quelque regard propice.
Que le cœur attendri fera suivre...
Arrêtez ,
Vous porteriez trop loin des vœux précipités.
Sans doute un tel service aura droit de me plaire ;
Mais laissez-moi , de grâce , arbitre du salaire :
Je ne suis point ingrate , et sais ce que je dois ;
Et c’est vous dire assez pour la première fois.
Adieu.