‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 272 sur 417 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Mais , pour vous dire enfin de quoi je^uis jalouse , Quel rang puis-je garder auprès de son épouse?

Aristie y prétend , et l’offre qu’elle fait ,

Ou que Ton fait pour elle , en assure l’effet.

Délivrez nos climats de cette vagabonde,

Qui vient par son exil troubler un autre monde ;

Et forcez-la sans bruit d’honorer d’autres lieux De cet illustre objet qui me blesse les yeux.

Assez d’autres États lui prêteront asile.

PERPENNA

Quoi que vous m’ordonniez , tout me sera facile :

Mais quand Sertorius ne l’épousera pas ,

Un autre hymen vous met dans le même embarras.

Et qu’importe , après tout , d’une autre ou d’ Aristie, Si...

Rompons , Perpenna , rompons cette partie ; Donnons ordre au présent; et quant à l’avenir,

Suivant l’occasion nous saurons y fournir.

Ee temps est un grand maître , il règle bien des choses Enfin je suis jalouse , et vous en dis les èauses. Voulez-vous me servir?

PERPENNA

Si je le veux ? j’y cours ,

Madame , et meurs déjà d’y consacrer mes jours.

Mais pourrai-je espérer que ce faible service Attirera sur moi quelque regard propice.

Que le cœur attendri fera suivre...

Arrêtez ,

Vous porteriez trop loin des vœux précipités.

Sans doute un tel service aura droit de me plaire ;

Mais laissez-moi , de grâce , arbitre du salaire :

Je ne suis point ingrate , et sais ce que je dois ;

Et c’est vous dire assez pour la première fois.

Adieu.

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