ACTE V, SCÈNE I. iS
Mes sujets valent bien que j’aime à leur donner Des monarques d’un sang qui sache gouverner ,
Qui sache faire tête à vos tyrans du monde ,
Et rendre notre Espagne en lauriers si féconde ,
Qu’on voie un jour le Pô redouter ses efforts,
Et le Tibre lui-même en trembler pour ses bords.
AR1STIE.
Votre dessein est grand ; mais à quoi qu’il aspire...
II m’a dit les raisons que vous me voulez dire.
Je sais qu’il serait bon de taire et différer Ce glorieux hymen qu’il me fait espérer :
Mais la paix qu’aujourd’hui l’on offre à ce grand homme Ouvre trop les chemins et les portes de Rome.
Je vois que , s’il y rentre , il est perdu pour moi ;
Et je l’en veux bannir par le don de ma foi.
Si je hasarde trop de m’être déclarée,
J’aime mieux ce péril que ma perte assurée ;
Et', si tous vos proscrits osent s’en désunir ,
Nos bons destins sans eux pourront nous soutenir.
Mes peuples aguerris sous votre discipline N’auront jamais au cœur de Rome qui domine ;
Et ce sont des Romains dont l’unique souci Est de combattre , vaincre et triompher ici.
Tant qu’ils verront marcher ce héros à leur tête, lis iront sans frayeur de conquête en conquête.
Un exemple si grand dignement soutenu Saura... Mais que nous veut ce Romain inconnu 1 ?
* Comme Pompée et Sertorius ont eu un entretien qui n’a rien produit, Aristie et Viriate ont ici un entretien non moins inutile , mais plus froid. Viriate conte à Aristie l’histoire de Sertorius, qu’elle a déjà contée à d’autres dans les actes précédents. Les fautes principales de langage sont : daignez pencher sa main , pour dire : abaisser sa main ; consent l’hymënée , au lieu de cotisent à l'hyménce ; s’il n’a tout son éclat , pour s’il ne s’effectue pas ; un reste d'autre espoir ; la paix qui ouvre trop les portes de Rome ; Rome qui domine au cœur l'ordre qu’un grand effet demande , et qui Arrête Pompée à le donner.
Si le terme est impropre et le tour vicieux En vain vous m’étalez une scène savante.
Mais ici la scène n’est point savante , et les termes sont très-impropre?; , les tours sont très-vicicux. (V.) (
SERTORllJS.