‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 295 sur 417 · ACTE V, SCÈNE I. iS · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I. iS

Mes sujets valent bien que j’aime à leur donner Des monarques d’un sang qui sache gouverner ,

Qui sache faire tête à vos tyrans du monde ,

Et rendre notre Espagne en lauriers si féconde ,

Qu’on voie un jour le Pô redouter ses efforts,

Et le Tibre lui-même en trembler pour ses bords.

AR1STIE.

Votre dessein est grand ; mais à quoi qu’il aspire...

II m’a dit les raisons que vous me voulez dire.

Je sais qu’il serait bon de taire et différer Ce glorieux hymen qu’il me fait espérer :

Mais la paix qu’aujourd’hui l’on offre à ce grand homme Ouvre trop les chemins et les portes de Rome.

Je vois que , s’il y rentre , il est perdu pour moi ;

Et je l’en veux bannir par le don de ma foi.

Si je hasarde trop de m’être déclarée,

J’aime mieux ce péril que ma perte assurée ;

Et', si tous vos proscrits osent s’en désunir ,

Nos bons destins sans eux pourront nous soutenir.

Mes peuples aguerris sous votre discipline N’auront jamais au cœur de Rome qui domine ;

Et ce sont des Romains dont l’unique souci Est de combattre , vaincre et triompher ici.

Tant qu’ils verront marcher ce héros à leur tête, lis iront sans frayeur de conquête en conquête.

Un exemple si grand dignement soutenu Saura... Mais que nous veut ce Romain inconnu 1 ?

* Comme Pompée et Sertorius ont eu un entretien qui n’a rien produit, Aristie et Viriate ont ici un entretien non moins inutile , mais plus froid. Viriate conte à Aristie l’histoire de Sertorius, qu’elle a déjà contée à d’autres dans les actes précédents. Les fautes principales de langage sont : daignez pencher sa main , pour dire : abaisser sa main ; consent l’hymënée , au lieu de cotisent à l'hyménce ; s’il n’a tout son éclat , pour s’il ne s’effectue pas ; un reste d'autre espoir ; la paix qui ouvre trop les portes de Rome ; Rome qui domine au cœur l'ordre qu’un grand effet demande , et qui Arrête Pompée à le donner.

Si le terme est impropre et le tour vicieux En vain vous m’étalez une scène savante.

Mais ici la scène n’est point savante , et les termes sont très-impropre?; , les tours sont très-vicicux. (V.) (

SERTORllJS.

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