‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 296 sur 417 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ÂRISTIE , YIRIATE, ARCAS.

ARISTIE

Madame , c’est Areas, l’affranchi de mon frère ;

Sa venue en ces lieux cache quelque mystère.

Parle, Areas, et dis-nous...

ARCAS

Ces lettres mieux que moi Vous diront un succès qu’à peine encor je croi.

aristïe lit.

« Chère sœur , pour ta joie il est temps que tu saches « Que nos maux et les tiens vont finir en effet.

« Sylla marche en public sans faisceaux et sans haches ,

« Prêt à rendre raison de tout ce qu’il a fait.

« 11 s’est en plein sénat démis de sa puissance ;

« Et si vers toi Pompée a le moindre penchant,

« Le ciel vient de briser sa nouvelle alliance , d Et la triste Æmilie est morte en accouchant.

« Sylla même consent , pour calmer tant de haines, o Qu’un feu qui fut si beau rentre en sa dignité ;

« Et que l’hymen te rende à tes premières chaînes,

« En même temps qu’à Rome il rend sa liberté.

« Quintus Aristius. »

Le ciel s’est donc lassé de m’être impitoyable ’

Ce bonheur, comme à toi, me paraît incroyable.

Cours au camp de Pompée, et dis-lui , cher Areas...

ARCAS

il a cette nouvelle , et revient sur ses pas.

De la part de Sylla chargé de lui remettre Sur ce grand changement une pareille lettre,

A deux milles d’ici j’ai su le rencontre^ '.

1 Ce j*ai su fait entendre qu’il y avait beaucoup de peine , beaucoup d’art et de savoir-faire à rencontrer Pompée : fai su vaincre et régner , parce que ce sont deux choses très- difficiles.

J’ai su , par une longue et pénible industrie,

Des plus mortels venins prévenir la furie....

J’ai su lui préparer des craintes et des veilles....

J’ai prévu ses complots , je sais les prévenir.

Le mot savoir est bien placé dans tous ces exemples : il indique la

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