ORONTE
J’aurais perdu l’esprit, si j’osais me vanter Qu’avec ce peu de gens nous pussions résister.
Nous mourrons à vos pieds, c’est toute l’assistance Que vous peut en ces lieux offrir notre impuissance :
Mais pouvez-vous trembler quand dans ces mêmes lieux Vous portez le grand maître et des rois et des dieux1 ? L’amour fera lui seul tout ce qu’il vous faut faire.
Faites-vous un rempart des fils contre la mère ;
Ménagez bien leur flamme, ils voudront tout [jour vous ;
Et ces astres naissants sont adorés de tous.
Quoi que puisse en ces lieux une reine cruelle,
Pouvant tout sur ses fils , vous y pouvez plus qu’elle. Cependant trouvez bon qu’en ces extrémités Je tâche à rassembler nos PartheS écartés ;
Ils sont peu , mais vaillants , et peuvent de sa rage Empêcher la surprise et le premier outrage.
Craignez moins; et surtout, madame , en ce grand jour ,
Si vous voulez régner, faites régner l’amour.