‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 30 sur 417 · ORONTE · texte numérisé non relu

ORONTE

J’aurais perdu l’esprit, si j’osais me vanter Qu’avec ce peu de gens nous pussions résister.

Nous mourrons à vos pieds, c’est toute l’assistance Que vous peut en ces lieux offrir notre impuissance :

Mais pouvez-vous trembler quand dans ces mêmes lieux Vous portez le grand maître et des rois et des dieux1 ? L’amour fera lui seul tout ce qu’il vous faut faire.

Faites-vous un rempart des fils contre la mère ;

Ménagez bien leur flamme, ils voudront tout [jour vous ;

Et ces astres naissants sont adorés de tous.

Quoi que puisse en ces lieux une reine cruelle,

Pouvant tout sur ses fils , vous y pouvez plus qu’elle. Cependant trouvez bon qu’en ces extrémités Je tâche à rassembler nos PartheS écartés ;

Ils sont peu , mais vaillants , et peuvent de sa rage Empêcher la surprise et le premier outrage.

Craignez moins; et surtout, madame , en ce grand jour ,

Si vous voulez régner, faites régner l’amour.

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