‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 341 sur 417 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

LE COMTE D’ESSEX

O fortune î ô grandeur ! dont l’amorce flatteuse 1 Surprend , touche , éblouit une âme ambitieuse ,

De tant d’honneurs reçus c’est donc là tout le fruit !

Un long temps les amasse, un moment les détruit.

Tout ce que le destin le plus digne d’envie Peut attacher de gloire à la plus belle vie,

J’ai pu me le promettre, et, pour le mériter,

Il n’est projet si haut qu’on ne m’ait vu tenter :

Cependant aujourd’hui (se peut-il qu’on le croie?)

C’est sur un échafaud que la reine m’envoie !

C’est là qu’aux yeux de tous m’imputant des forfaits...

1 Cette scène , ce monologue est encore une des raisons du succès. Ces réflexions naturelles sur la fragilité des grandeurs humaines plaisent , quoique faiblement écrites. Un grand seigneur qu’on va mener à l’échafaud intéresse toujours le public; et la représentation de ce9 aventures, sans aucun secours de ia poésie, fait le même effet à peu près que la vérité même. (V.)

LE COMTE D’ESSEX

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