ÉLISABETH . LA DUCHESSE
ÉLISABETH
Duchesse, on m’a trompée; et mon âme interdite Veut en vain s’affranchir de l’horreur qui l’agite.
Ce que je viens d’entendre explique mon malheur.
Ces témoins écoutés avec tant de chaleur,
L’arrêt sitôt rendu , cette peine si prompte ,
Tout m’apprend , me fait voir l’innocence du comte ;
Et, pour joindre à mes maux un tourment infini,
Pîmt-être je l’apprends après qu’il est puni.
Durs, mais trop vains remords! pour commencer ma peine, Traitez-moi de rivale , et croyez votre haine ;
Condamnez , détestez ma barbare rigueur :
Par mon aveugle amour je vous coûte son cœur;
Et mes jaloux transports , favorisant l’envie ,
Peut-être encore , hélas ! vous coûteront sa vie.