‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 351 sur 417 · ÉLISABETH . LA DUCHESSE · texte numérisé non relu

ÉLISABETH . LA DUCHESSE

ÉLISABETH

Duchesse, on m’a trompée; et mon âme interdite Veut en vain s’affranchir de l’horreur qui l’agite.

Ce que je viens d’entendre explique mon malheur.

Ces témoins écoutés avec tant de chaleur,

L’arrêt sitôt rendu , cette peine si prompte ,

Tout m’apprend , me fait voir l’innocence du comte ;

Et, pour joindre à mes maux un tourment infini,

Pîmt-être je l’apprends après qu’il est puni.

Durs, mais trop vains remords! pour commencer ma peine, Traitez-moi de rivale , et croyez votre haine ;

Condamnez , détestez ma barbare rigueur :

Par mon aveugle amour je vous coûte son cœur;

Et mes jaloux transports , favorisant l’envie ,

Peut-être encore , hélas ! vous coûteront sa vie.

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