‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 380 sur 417 · ACTE 111, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE

Vous êies pour cela trop aimable et trop belle.

Non , je ne puis souffrir cet excès de rigueur ;

Et dès demain , pour faire enrager votre sœur,

Je veux vous épouser : en serez-vous contente?

léonor.

Eli , mon dieu ! n’allez pas en rien dire à ma tante.

Sitôt que du couvent elle voit que je ris ,

Deux soufflets me sont sûrs ; et ce serait bien pis ,

Si vous alliez pour moi parler de mariage.

D. JUAN

Hé bien, marions-nous en secret : je m’engage, Puisqu’elle vous maltraite , à vous mettre en état De ne rien craindre d’elle.

SGÀNARELLE.

Et par un bon contrat :

Ce n’est point à demi que monsieur fait les choses.

D. JUAN

J’avais, pour fuir l’hymen, d’assez puissantes causes; Mais, pour vous faire entrer au couvent malgré vous, Savoir qu’à la menace on ajoute les coups ,

C’est un acte inhumain, dont je me rends coupable.

Si je ne vous épouse.

SGANARELLE

11 est fort charitable :

Voyez ! se marier pour vous ôter l’ennui D’être religieuse ! Attendez tout de lui.

' LÉONOR

Si j’osais m’assurer...

SGANARELLE

C’est une bagatelle

Que ce qu’il vous promet. Sa bonté naturelle

Va si loin , qu’il est prêt , pour faire trêve aux coups ,

D’épouser, s’il le faut, votre tante avec vous.

LÉONOR

Ah ! qu’il n’en fasse rien! elle est si dégoûtante...

Mais , moi , suis-je assez belle...

D. JUAN

Ah ciel! toute charmante.

Quelle douceur pour moi de vivre sous vos lois !

Non, ce qui fait l’hymen n’est pas de notre choix ,

CORNEILLE. — T. IL

LE FESTIN DE PIERRE

J’en suis trop convaincu; je vous connais à peine , Et tout à coup je cède à l’amour qui m’entraîne.

LÉONOR

Je voudrais qu’il fût vrai ; car ma tante , et la peur Que me fait le couvent..; ,

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