‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 383 sur 417 · THÉRÈSE, LÉONOR, D. JUAN, SGANARELLE · texte numérisé non relu

THÉRÈSE, LÉONOR, D. JUAN, SGANARELLE

THÉRÈSE, à Léonor.

Vraiment! j’aime assez à vous voir, Impudente! Il vous faut parler avec des hommes!

SGANARELLE , à Thérèse.

N ous ne savez pas bien , madame, qui nous sommes.

LÉONOR

Est-ce faire du mal , quand c’est à bonne fin ? .

Ce monsieur-là m’a dit qu’il était médecin ;

Et je lui demandais si, pour guérir votre asthme ,

Il ne savait pas...

SGANARELLE

Oui , j’ai certain cataplasme Qui , posé lorsqu’on tombe en suffocation ,

Facilite aussitôt la respiration.

THÉRÈSE

Hé, mon dieu! là-dessus j’ai vu les plus habiles :

Leurs remèdes me sont remèdes inutiles.

SGANARELLE

Je le crois. La plupart des plus grands médecins Ne sont bons qu’à venir visiter des bassins :

Mais pour moi, qui vais droit au souverain dictame,

Je guéris de tous maux ; et je voudrais , madame ,

Que votre asthme vous tînt du haut jusques au bas ; Trois jours mon cataplasme , il n’y paraîtrait pas.

THÉRÈSE

Hélas ! que vous feriez une admirable cure !

SGANARELLE

Je parle hardiment, mais ma parole est sûre.

Demandez à monsieur. Outre l’asthme, il avait ün bolus au côté, qui toujours s’élevait.

Du diaphragme impur l’humeur trop réunie Le mettait tous les ans dix fois à l’agonie ;

En huit jours je vous ai balayé tout cela ,

Nettoyé l’impur, et... Regardez , le voilà Aussi frais, aussi plein de vigueur énergique,

Que s’il n’avait jamais eu tache d’asthmatique.

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