ACTE III, SCÈNE III
THÉRÈSE
Son teint est frais sans doute , et d’un vif éclatant,
SGANARELLE
Çà, voyons votre pouls. II est intermittent,
La palpitation du poumon s’y dénote.
i THÉRÈSE.
Quelquefois...
SGANARELLE
Votre langue? Elle n’est pas tant sotte. En-dessous; levez-la. L’asthme y paraît marqué.
Ah ! si mon cataplasme était vite appliqué...
* THÉRÈSE
Où donc rapplique-t-on ?
SGANARELLE , lui parlant avec action, pour rempêcher de voir que don Juan entretient tout bas Léonor.
Tout droit sur la partie Où la force de l’asthme est le plus départie. Comme l’obstruction se fait de ce côté ,
Il faut , autant qu’on peut , la mettre en liberté ; Car, selon que d’abord la chaleur restringente A pu se ramasser, la partie est souffrante ,
Et laisse à respirer le conduit plus étroit.
Or est-il que le chaud ne vient jamais du froid : Par conséquent , sitôt que dans une famille Vous voyez que le mal prend cours...
THÉRÈSE, à Léonor.
Petite fille,
Passez’de ce côté.
SGANARELLE , continuant.
Ne différez jamais.
D. JUAN, bas à Léonor.
Vous viendrez donc ce soir?
LÉONOR
Oui , je vous le promets.
SGANARELLE
A vous cataplasmer commencez de bonne heure.
En quel lieu faites-vous. ici votre demeure?
THÉRÈSE
Vous voyez ma maison.
SGANARELLE , tiraut sa tabatière.
Dans trois heures d’ici,
Prenez dans un œuf frais de cette poudre-ci ;
Et du reste du jour ne parlez à personne.
Voilà, jusqu’à demain, ce que je vous ordonne :
Je ne manquerai pas à me rendre chéz vous.
THÉRÈSE
Venez : vous faites seul mon espoir le plus doux.
Allons, petite fille, aidez-moi.