‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 388 sur 417 · ACTE 111, SCÈNE Vï · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE Vï

Quels que soient vos desseins , je les rendrai faciles.

Si d’aimer don Juan je ne puis m’empêcher,

C’est sans avoir servi jamais à le cacher :

D’un enlèvement fait avecque trop d’audace Vous demandez raison , il faut qu’il vous la lasse.

D. CARLOS

Et comment me la faire?

D. JUAN

Il est homme de cœur :

Vous pouvez là-dessus consulter votre honneur ;

Pour se battre avec vous , quand vous aurez su prendre Le lieu, l’heure et le jour, il viendra vous attendre Vous répondre de lui, c’est vous en dire assez.

D. CARLOS

Cette assurance est douce à des cœurs offensés ;

Mais je vous avouerai que, vous devant la vie,

Je ne puis , sans douleur , vous voir de la partie.

D. JUAN

line telle amitié nous a joints jusqu’ici ,

Que, s’il se bat, il faut que je me batte aussi :

Notre union le veut.

D. CARLOS

Et c’est dont je soupire.

Faut-il, quand je vous dois le jour que je respire,

Que j’aie à me venger, et qu’il vous soit permis D’aimer le plus mortel de tous mes ennemis 1 !

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