‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 389 sur 417 · DON CARLOS, D JUAN, ALONZE · texte numérisé non relu

DON CARLOS, D JUAN, ALONZE

ALONZE, à un valet.

Fais boire nos chevaux , et que l’on nous attende.

Par où donc... Mais , ô ciel ! que ma surprise est grande!

D. CARLOS , à Alonze.

D’où vient qu’ainsi sur nous vos regards attachés...

1 Cette situation dramatique, empruntée au théâtre espagnol , a été souvent reproduite par les poètes français. Bois-Robert et Scarron la transportèrent sur notre scène sous le titre des Généreux ennemis , et Thomas Corneille sous celui des Illustres ennemis. Le Sage en a fait un des .épisodes les plus intéressants de son Diable boiteux , et Beaumarchais un des plus heureux incidents de son Eugénie .

LE FESTIN DE PIERRE

ALONZE

Voilà votre ennemi , celui que vous cherchez , Don Juan.

D. CARLOS

Don Juan!

D. JUAN

Oui , je renonce à feindre ;

L’avantage du nombre est peu pour m’y contraindre* Je suis ce don Juan dont le trépas juré...

ALONZE , à D. Carlos.

Voulez* vous...

D. CARLOS

Arrêtez ! M’étant seul égaré ,

Des lâches m’ont surpris, et je lui dois la vie,

Qui par eux , sans son bras , m’aurait été ravie.

Don Juan, vous voyez , malgré tout mon courroux, Que je vous rends le bien que j’ai reçu de vous :

Jugez par là du reste ; et si de mon offense ,

Pour payer un bienfait, je suspens la vengeance, Croyez que ce délai ne fera qu’augmenter Le vif ressentiment que j’ai fait éclater.

Je ne demande point qu’ici, sans plus attendre,

Vous preniez le parti que vous avez à prendre.:

Pour m’acquitter vers vous , je veux bien vous laisser, Quoi que vous résolviez, le loisir d’y penser.

Sur l’outrage reçu , qu’en vain on voudrait taire ,

Vous savez quels moyens peuvent me satisfaire :

Il en est de sanglants , il en est de plus doux. Voyez-les, consultez; le choix dépend de vous.

Mais enfin, quel qu’il soit, souvenez- vous , de grâce, Qu’il faut que mon affront par don Juan s’efface ,

Que ce seul intérêt m’a conduit en ce lieu ,

Que vous m’avez pour lui donné parole. Adieu.

ALONZE

Quoi ! monsieur...

D. CARLOS

Suivez-moi.

ALONZE

Faut-il...

Se doit vider ailleurs.

D. CARLOS

Nolie qiiercùe

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