‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 49 sur 417 · CLÉOPÂTRE, LAONICE · texte numérisé non relu

CLÉOPÂTRE, LAONICE

LAONICE

Enlin ce grand courage a vaincu sa colère.

CLÉOPÂTRE

Que ne peut point un fils sur le cœur d’une mère !

LAONICE

Vos pleurs coulent encore , et ce cœur adouci...

CLEOPATRE

Envoyez-moi son frère, et nous laissez ici.

Sa douleur sera grande , à ce cpie je présume ;

Mais j’en saurai sur l’heure adoucir l’amertume.

Ne lui témoignez rien : il lui sera plus doux D’apprendre tout de moi , qu’il ne serait de vous.

1 Quoi ! après qu'elle ne lui a parlé que d’assassiner Rodogune , après avoir voulu lu: faire accroire que Sétcueus l’a tuée, après lui avoir dit : périssez y périssez * elle lui dit que scs larmes ont de l'intelligence dans son cœur ; et Antiochus la croit ! Non , une telle crédulité n’est pas dans la nature. Antiochus n’a jamais dû avoir plus de délianee, et il n’en témoigne aucune : il devrait au moins demander si le changement inopiné de sa mère est bien vrai ; il devrait dire : Est-il possible que vous soyez tout autre en un moment ! serai-je assez heureux? etc.; mais point; il s’écrie toul d’un coup : O moment fortune! ô trop heureuse fin ! Plus j’y réfléchis, et moins je trouve ccttc scène naturelle. (V.)

RODOGUNE

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