‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 74 sur 417 · ACTE II, SCÈNE I. lrtj · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I. lrtj

Qui , pour peu qu’elle veuille écouter la raison ,

Ne m’accusera plus de cette trahison ;

Car c’en est une enfin bien digne de supplice 1 Qu’avoir d’un tel secret donné le moindre indice.

LltONTINE.

Et qui donc aujourd’hui le fait connaître à tous ?

Est-ce le prince, ou moi?

EUDOXE

Ni le prince, ni vous.

De grâce , examinez ce bruit qui vous alarme.

On dit qu’il est en vie, et son nom seul les charme :

On ne dit point comment vous trompâtes Phocas,

Livrant un de vos fils pour ce prince au trépas ,

Ni comme après, du sien étant la gouvernante ,

Par une tromperie encor plus importante ,

Vous en fîtes l’échange, et, prenant Martian,

Vous laissâtes pour fils ce prince à son tyran 2 :

En sorte que le sien passe ici pour mon frère ,

Cependant que de l’autre il croit être le père 3 ,

Et voit en Martian Léonce qui n’est plus ,

Tandis que sous ce nom il aime Héraclius.

On dirait tout cela si, par quelque imprudence ,

Il m’était échappé d’en faire confidence :

Mais pour toute nouvelle on dit qu’il est vivant ;

Aucun n’ose pousser l’histoire plus avant.

Comme ce sont pour tous des routes inconnues ,

11 semble à quelques-uns qu’il doit tomber des nues;

Et j’en sais tel qui croit , dans sa simplicité ,

Que pour punir Phocas Dieu l’a ressuscité.

Mais le voici.

1 Le mot de supplice paraît trop fort; et digne de supplice n’est pas français, c’est un barbarisme. (V.)

2 Elle entend, par ce prince, Héraclius; mais elle ne dit pas ce qu elle veut dire : elle devrait expliquer que Léontine a fait passer Martian pour son propre fils Léonce, et a donné Héraclius , fils de Maurice, pour Martian, fils de Phocas. (V.)

DCet il croit être se rapporte, par la phrase, à Martian , et cependant c’est Phocas dont on parle. Dans un sujet si obscur, il est absolument nécessaire que les phrases soient toujours claires , et Eudoxc ne s’explique pas assez nettemeut. (V.)

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