‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 86 sur 417 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LÉONTINE, EUDOXE

LÉONTINE

Tout me confond , tout me devient contraire.

Je ne fais rien du tout , quand je pense tout faire ;

Et , lorsque le hasard me flatte avec excès ,

Tout mon dessein avorte au milieu du succès :

Il semblp qu’un démon funeste à sa conduite Des beaux commencements empoisonne la suite *.

Ce billet , dont je vois Martian abusé ,

Fait plus en ma faveur que je n’aurais osé;

Il arme puissamment le fils contre le père :

Mais , comme il a levé le bras en qui j’espère 3 , *

Sur le point de frapper je vois avec regret Que la nature y forme un obstacle secret.

La vérité le trompe, et ne peut le séduire;

Il sauve en reculant ce qu’il croit mieux détruire :

11 doute ; et , du côté que je le vois pencher,

1 Voyez comme ce mot£o?*£egAte le vers , parce qu’il est superflu. (V.)

a Funeste à sa conduite , c’est la conduite du dessein, et cela n’est pas français. (V.)

3 Suivant l’ordre du discours, c’est ce billet qui a levé ce bras en qui elle espère. On ne peut trop prendre garde à écrire clairement ; tout ce qui met dans l’esprit la moindre confusion doit être proscrit. (V.)

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