‹ Théâtre de Pierre et de Thomas CorneilleChapitre 98 sur 417 · EXUPÈRE , AMINTAS · texte numérisé non relu

EXUPÈRE , AMINTAS

EXUPÈRE

Nous sommes en faveur, ami , tout est à nous :

L’heur de notre destin va faire des jaloux.

AMINTAS

Quelque allégresse ici que vous fassiez paraître,

1 II doit dire précisément le contraire : nous avons trop d’amis pour n’en pas venir à bout. (V.)

2 Cette scène entre Exupère et Arnintas est faite exprès pour jeter le public dans l’incertitude. Il s’agit du destin de l’empire, de celui d’Héraclius, de Pulchérie et de Martian. La situation est violente; cependant ceux qui se sont chargés d’une entreprise si périlleuse n’en parlent pas; ils disent qu’ ils sont en faveur , et qu’tts feront des jaloux ; ils parlent d’une manière équivoque, et uniquement de ce qui les regarde. Ces personnages subalternes n’intéressent jamais, et affaiblissent l’intérêt qu’on prend aux principaux. Je crois que c’est la raison pourquoi Narcisse est si mal reçu dans Ilritannicus , quand il dit ;

La fortune t’appelle une seconde fois.

On ne se soucie point de la fortune de Narcisse ; son crime excite l’horreur et le mépris : si c’était un criminel auguste, il imposerait. Cependant combien est-il au-dessus de cet Exupère ! que la scène où U détermine Néron est adroite, et surtout qu’elle est supérieurement écrite ! comme il échauffe Néron par degrés! quel art et quel style* (V.)

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