‹ Théâtre de pocheChapitre 62 sur 82 · SCÈNE YIII · texte numérisé non relu

SCÈNE YIII

GÉRONTE, seul

Quel est donc le tossé, quelle est donc la muraille

Où gît, cuvant son vin, cette brave canaille?

Champagne ! es-tu mort? As-tu pris pour cercueil

Un tonneau défoncé de Brie ou d'Argenteuil ?

Modèle des valets, perle des domestiques,

Qui passais en vertu les esclaves antiques.

Que le ciel avait fait uniquement pour moi,

Par qui te remplacer, comment vivre sans toi?

— Parbleu ! si j^essayais de me servir moi-même 1

Ce serait la façon de trancha le problème.

Je me commanderais et je m'obéirais ;

Je m'aurais sous la main, et, quand je me voudrais,

Je 11* aurais pas besoin de me pendre aux sonnettes.

Nul ne sait mieux que moi que j'ai des mœurs honnêtes!

Que je me suis toujours conduit loyalement ;

Ainsi donc je m'accepte avec empressement.

Ah ! messieurs les blondins, si celui-là me trompe,

Vous le pourrez aller cner à son de trompe

J'empocherai votre or, et me le remettrai :

Vos billets pleins de musc, c'est moi qui les lirai.

D'ailleurs, je prends demain, qu'on me loue ou me blâme,

LE TKICORNE ENCHANTÉ 2(M

Mademoiselle Inez, ma pupille, pour femme.

Elle me soignera dans mes quintes de toux, Et, près d^elle couché, je me rirai de vous.

Les Amadis transis, les coureurs de fortune, Gelant sous le balcon par un beau clair de lune! Et, quand j^apercevrai mon coquin de neveu, De deux ou trois seaux d'eau j'arroserai son feu. . .

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