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THÉÂTRE DB POCHE — PROLOGUE

Chers inconnus ^ public ! grande âme collective,

Cerveau toujours fumant où bout Tidée active.

Maître puissant, par qui tout génie est formé ;

Public, sublime auteur quon n a jamais nommé,

Verse une part de toi dans les chefs-d'œuvre à naître :

Si tu veux nous aider, il en viendra peut-être.

La nature n'a pas vidé tout son trésor,

Et Dieu nous doit beaucoup de poëtes eucor.

Patrie aux flancs féconds, sainte mère des honmies.

Ce que furent jadis nos pères, nous le sommes,

Et ton généreux sang, qui fit tant de vainqueurs,

N'a point perdu sa pourpre en coulant dans nos cœurs

Soulevons le passé qui sur nos fronts retombe :

Le laurier peut verdir ailleurs que sur la tombe.

Par trop de piété pour nos illustres morts,

Ne décourageons pas de vivaces efibrls.

D'un vol prompt, sur le toit, si le moineau s'élance,

L'aigle qui va planer en rampant se balance :

Le but est le soleil, le chemin l'infini,

Et Toiseau, palpitant, hésite au bord du nid :

Mais, quand il s'est lancé dans le vent qui l'appelle,

Prenez garde qu'un plomb n'ensanglante sou aile.

Car il est des chasseurs qui font la lâcheté

De tirer sur un aigle ivre d'immensité!...

Fin DO PBOLOGUE u' OUVERTURE.

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