‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 16 sur 434 · GÉRONTE, LÉONOR , SOTENCOUR, MATHIEU CROCHET, LISETTE · texte numérisé non relu

GÉRONTE, LÉONOR , SOTENCOUR, MATHIEU CROCHET, LISETTE

GÉRONTE,. à Sotciicour.

Ah! serviteur, mon gendre :

Soyez le bienvenu. Vous vous faites attendre :

Votre retardement allait m’inquiéter,

Et ma fdlc était prête à s’impatienter.

SOTENCOUR.

.l’en suis persuadé. Mais vous aussi , madame , D’impatients transports vous bourrelez mon Ame :

Mon cœur, tout pantelant comme un cerf aux abois,

Par avance à vos pieds vient apporter son bois.

Vos beaux yeux désormais sont le nord ou le pèle Où de tous mes désirs tournera la boussole :

Vos appas, vos attraits... qui vous font tant d’honneur... Vous ne répondez rien , doux objet de mon cœur?

CERONTE.

La joie et le plaisir...

SOTENCOCR.

Je vous entends, beau-père;

Le plaisir de me voir la gonfle de manière Qu’elle ne peut parler.

CÉRONTE.

Justement.

SOTENCOCR.

Dans ce jour

Nous ne ferons plus qu’un , vous et moi Sotencour.

LISETTE , a part.

Ah ! la belle union !

SOTENCOUR.

Moi bien fait, vous gentille ,

Nous allons mettre au monde une belle famille.

Beau-père , on dit bien vrai ; quant à moi , j’y souscris : On a beau faire, il faut prendre femme à Paris ,

L’on y taille en plein drap. Nos femmes de province Ont l’abord repoussant , la mine plate et mince ,

L’esprit sec et bouché, le regard de hibou ,

L’entretien discourtois, et l’accueil loup-garou :

Page 1