‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 17 sur 434 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Mais le sexe, à Paris, a la mine jolie,

L’air attractif, surtout la croupe rebondie :

Mais il est diablement sujet à caution.

HATniEÜ CROCHET.

On dit qu’à fbrligner il a propension.

SOTENCOCR.

Je veux croire pourtant, malgré la destinée ,

Que je pourrai toujours aller tête levée ;

Que , malgré votre nez et cet air égrillard ,

Mon front, entre vos mains , ne court point de hasard. Voudriez-vous, mignonne , à la fleur de mon âge , Mettre inhumainement mon honneur au pillage ?

Me réserveriez-vous pour un tel accident?

Hem ! vous ne dites mot ?

LISETTE, à part.

Qui ne dit mot consent.

SOTENCOUR.

Beau-père , jusqu’ici, s’il faut que je le dise,

La future n’a point encor dit de sottise;

Peut-être qu’elle en pense : en tout cas , j’avertis Qu'elle a l’entretien maigre et le discours concis.

Tant mieux pour une femme.

SOTENCOUR.

Oui , quand par retenue Elle caquette peu : mais si c’estune grue...

Dans ma famille, au moins , on ne voit point de sots. Lui , par exemple, il a plus d’esprit qu’il n’est gros.

MATHIEU CROCHET

Le cousin me connaît. Oh 1 je ne suis pas cruche Tel que vous me voyez.

SOTENCOUR.

Lui... c’est la coqueluche Des filles de Falaise. 11 étudie en droit,

Et sait tout sou Cujas sur le bout de son doigt.

MATHIEU CROCHET

Oh ! quand on a du code acquis quelque teinture,

Près des femmes de reste on sait la procédure :

Nous autres du barreau , nous sommes des gaillards.

LISETTE

Vous êtes avocat ?

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