‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 162 sur 434 · VALÈRE, CLARICE · texte numérisé non relu

VALÈRE, CLARICE

CLARICE

De vos soins généreux je vous suis obligée :

Mais , depuis un moment , mon âme est bien changée.

VALÈRE

Plaît-il ?

CLARICE

Je ne veux plus me marier.

VALÈRE

Comment !

D'où vous peut donc venir un si prompt changement ?

CLARICE

J’ai pensé mûrement aux soins du mariage,

Aux chagrins presque sûrs où son joug nous engage,

A cette liberté que l’on perd sans rétour : '

L’hymen est trop souvent un écueil pour l’amour.

Je ne me sens point propre aux soins d’une famille ;

Et , tout considéré , j’aime mieux rester fille.

Je sais bien que l’hymen peut avoir ses dégoûts ; Chaque état a les siens , et nous les sentons tous. Cependant vous vouliez de moi ce bon office.

CLARICE

D*accord; mais plus on voit de près le précipice ,

Plus nos sens étonnés frémissent du danger.

Léandre est pris ailleurs; et, pour le dégager,

I fv.

m LE DISTRAIT.

Votre application peut-être serait vaine.

VALÈRE

Calmez-vous; je prétends y réussir sans peine. Léandre sent jiour vous une sincère ardeur :

Je pourrais bien ici répondre de son cœur;

Et ce n’est qu’un devoir de pure obéissance Qui retient jusqu’ici son esprit en balance.

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