‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 181 sur 434 · CAR UN · texte numérisé non relu

CAR UN

Pouf! il faut l’avouer, vous avez, à mon gré,

La présence d’esprit au suprême degré.

Lis donc, bourreau, lis donc.

LÉANDRE

Ah ! de grâce , madame ,

Pardonnez mon erreur en faveur de ma flamme :

Mon cœur n’a point de part au crime de ma main.

CLARICE

Vous tâchez, inconstant , à me séduire en vain ;

Mais je ne reçois point un grossier artifice.

Je réponds pour mon maître : il n’a point de malice ;

Et s’il n’était point fou , je veux dire distrait ,

Ce serait, je vous jure, un garçon tout parfait.

LÉANDRE

Mais si vous avez lu le dedans de ma lettre.

De ces soupçons cruels elle a dû vous remettre.

CLARICE

Ma curiosité m’en a fait lire assez ;

Je n’en ai que trop lu.

CARLIN

Mon Dieu , recommencez.

En changeant le dessus, nous changeons bien la thèse.

Vous avez le bras bon , soit dit par parenthèse.

CLARICE lit.

« Je suis au désespoir que l’aventure du cabinet vous ait pu « donner quelque soupçon de ma fidélité. Votre rivale ne « servira qu’à rendre votre triomphe plus parfait. Monsieur, « par la présente , il vous plaira payera damoiselle, en blanc, « d’elle valeur reçue... Et Dieu sait la valeur. »

CARLIN

Fi donc , madame , fi ! vous moquez-vous de moi ?

Cela n’est point écrit.

CLARICE

Vois donc.

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