‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 182 sur 434 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

CARLIN , à Lcaudre.

AU ! par ma foi ,

Votre méprise ici me paraît fort étrange.

Quoi 1 vos billets d'amour sont des lettres de change?

Vous aurez bientôt fait votre paix à ce prix.

LÉANDRB.

C’est ce malheureux-là qui , pendant que j’écris. M'embarrasse l’esprit de ses impertinences.

CARLIN

J’ai diablement d’esprit : on écrit mes sentences.

CLARICE continue de lire.

« Oui , belle Clarice , je n’adore que vous , et fais tout mon « bonheur de vous aimer le reste de ma vie. »

CARLIN, à Clarice.

Vous trouvez maintenant les termes plus coulants ;

Et vous ne venez plus pour étrangler les gens.

CLARICE

Je respire. Ah! Carlin, c’est une joie extrême De trouver innocent un coupable qu’on aime ;

Et que, sans nul effort, on fait un prompt retour Des mouvements jaloux aux transports de l'amour!

A mes distractions faites grâce, madame;

Nul autre objet que vous ne règne dans mon âme.

CARLIN , à Clarice.

C’est une vérité; le plaisir qu’il reçoit

Fait qu’il ne vous croit pas où souvent il vous voit.

Voici monsieur votre oncle. A vos vœux tout conspire.

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