M. ANDRÉ, GÉRONTE, MERLIN
M. AM) lui.
Bonjour, monsieur Merlin.
MERLIN
Votre valet, monsieur André, votre valet (A part.) Voilà un coquin d’usurier qui prend bien son temps pour venir demander de l’argent.
M. ANDRÉ
Savez-vous bien , monsieur Merlin , que je suis las de venir tous les jours sans trouver votre maître; et que, s’il ne me paye aujourd’hui , je le ferai coffrer demain , afin que vous le sachiez.
MERI.IN, bas.
Nous voilà gâtés.
CÉRONTE, à Merlin.
Quelle affaire avez-vous donc ?
MERLIN , bas à Gcronlc.
Je vous l’expliquerai tantôt : ne vous mettez pas en peine.
M. ANDRÉ, à Géroote.
Une affaire de deux mille écus qui me sont dus par son maître, dont j’ai le billet , et, en vertu d’icelui, une bonne sentence par corps , que je vais faire mettre à exécution.
CÉRONTE.
Qu’est-ce que cela veut dire , Merlin?
MERLIN
C’est un maraud qui le ferait comme il le dit.
CÉRONTE, àM. André.
Clitandre vous doit deux mille écus ?
M. ANDRÉ , à Géronte.
Oui , justement, Clitandre , un enfant de famille, dont le père est allé je ne sais où , et qui sera bien surpris , à son retour, quand il apprendra la vie que son fils mène pendant soiv absence.
merlin, à part.
Cela va mal.
H. ANDRÉ
Autant que le fils est joueur, dépensier et prodigue , autant le père, à ce qu’on dit, est un vilain, un ladre, un fesse ma- Utieu.
RECNAUD |0
LE RETOUR IMPRÉVU
CÉRONTE.
Que voulez-vous dire avec votre ladre et votre fesse-mathieu?
M. ANDRÉ
Ce n’est pas de vous dont je veux parler ; ccst du père «le Clitandre, qui est un sot, un imbécile.
CÉRONTE.
Merlin...
merlin, à Gérontc.
Il vous dit vrai, monsieur; Clitandre lui doitdeux mille écus.
CÉRONTE.
Et lu dis qu’il a été d’une si bonne conduite!