REC NARD
LES FOLIES AMOUREUSES
Mais surtout soyez bref.
KRASTE.
Je suis fâché, vraiment,
Que pour moi votre fille ait un tel traitement.
ALBERT
Qu’est-ce à dire , ma fille ?
ÉRASTE
Est-ce donc votre remme?
ALBERT
Cela sera bientôt.
ÉRASTE
J’en suis ravi dans l'âme.
Vous ne pouvez jamais prendre un plus beau dessein , Et vous faites fort bien de lui tenir la main.
Tous les maris devraient faire ce que vous faites.
Les femmes aujourd’hui sont toutes si coquettes !...
J'empêcherai, parbleu, que celle que je prends Ne suive la manière et le train de ce temps.
CRISFIN.
Ah ! que vous ferez bien ! Je suis si soûl des femmes!.,. Et je suis si ravi , quand quelques bonnes âmes Se servent de main-mise un peu de terni» en temps...
ALBERT
Ce garçon-là me plaît , et parle de bon sens.
ÉRA8TE.
Pour moi , je ne vois rien de si digne de blâme Qu’un homme qui s’endort sur la foi d’une femme;
Qui , sans être jamais de soupçons combattu ,
Compte tranquillement sur sa frêle vertu ;
Croit qu’on fit pour lui seul une femme fidèle.
Il faut faire soi-même, en tout temps, sentinelle;
Suivre partout scs pas ; l’enfermer, s’il le faut;
Quand elle veut gronder, crier encor plus haut.
El , malgré tous les soins dont l’amour nous occupe ,
Le plus fin , tel qu’il soit, en est toujours la du[>e.
ALBERT
Nous sommes un peu Grecs sur ces matières-là ;
Qui pourra m’attraper, bien habile sera.
Chaque jour, là-dedans, j’invente quelque adresse Pour mieux déconcerter leur ruse et leur finesse.