‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 259 sur 434 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ÉRASTE, CRISPIN

ÉRASTE

Tout va bien. La fortune à nos vœux s’intéresse.

Agathe , en ton absence , avec un tour d’adresse ,

A su tirer d’Albert ces cent louis comptants.

LES FOLIES AMOUREUSES

Comment donc ?

CRISPIN

ÉRASTE

Tu sauras le tout avec le temps.

Nous avons maintenant , sans chercher davantage ,

De quoi sauver Agathe et nous mettre en voyage , Pourvu qu'un seul moment nous puissions écarter Ce malheureux Albert , qui ne la peut quitter.

Tant qu il suivra scs pas , nous ne saurions rien Taire.

CRISPIN

Rei>osez-vous sur moi ; je réponds de l'affaire.

Vous avez de l’esprit , je ne suis pas un sot ,

Et la fausse malade entend à demi-mot.

ÉRASTE

J’imagine un moyen des plus fous; mais qu’importe ? La pièce en vaudra mieux , plus elle sera forte.

11 faut convaincre Albert qu'avec de certains mots, Ainsi que tu l’as dit déjà fort à propos,

Tu pourrais la guérir de cette maladie,

Si quelque autre voulait prendre la frénésie.

Je m’offrirai d’abord à tout événement.

Laisse-moi faire après le reste seulement :

Va , si de belle peur le vieillard ne trépasse ,

Il faudra, pour le moins, qu’il nous quitte la pince.

CRISPIN

Mais comment voulez-vous qu’Agalhe à ce dessein , Sans en avoir rien su , puisse prêter la main?

ÉRASTE

Je l’instruirai de tout , je t'en donne parole.

Mais songe seulement à bien jouer tou rôle ;

Et lorsque dans ces lieux Agathe reviendra.

Amuse le vieillard du mieux qu’il se pourra,

Pour me donner le temps d’expliquer le mystère.

Et lui dire en deux mots ce qu’elle devra faire.

Albert ne peut tarder. Mais je le vois qui sort.

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