APOLLON, MERCURE
MERCURE
Honneur au seigneur Apollon.
APOLLON
Ah ! dieu vous gard’ , seigneur Mercure.
Par quelle agréable aventure Vous voit-on au sacré vallon?
MERCURE
. Vous savez, grand dieu du Parnasse,
Que je ne me tiens guère en place.
J’ai tant de différents emplois ,
Du couchant jusqu’aux lieux où l’Aurore étincelle, Que ce n’est pas chose nouvelle De me rencontrer quelquefois. *
APOLLON
Vous êtes le bras droit du grand dieu du tonnerre ; Votre peine est utile aux hommes comme aux dieux ;
Et c’est par vos soins que la terre Entretient quelquefois commerce avec les cieux.
MERCURE
Ce travail me lasse et m’ennuie,
Lorsque je vois tant de dieux fainéants Qui ne songent là-haut qu’à respirer l’encens,
Et qu’à se gonfler d’ambroisie.