‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 30 sur 434 · GÉRONTE , SOTENCOUR , LISETTE, LE BARON D’AUBIGNAC · texte numérisé non relu

GÉRONTE , SOTENCOUR , LISETTE, LE BARON D’AUBIGNAC

CÉRONTE.

Pour quel sujet , messieurs, criez- vous donc si fort?

LE BAL

LE BARON

Un atome bourgeois qui perd sur sa parole,

Et né veut pas payer!... Mais cé qui nié console ,

Jé veux dévénir nul , ou j’en aurai raison.

CÉRONTE.

Que veut dire cela ?

SOTENCOUR, à Gcronte.

Monsieur , c’est un (ripon ,

Un Gascon .'Tfi'amé qui cherche à vous surprendre.

LE BARON, àGéiontc, voulant percer Sotencour. Rétirez-vous , monsieur.

CÉRONTE.

Ah ! tout beau , c’est mon gendre.

LE BARON

Cet homme est votre gendre?

CÉRONTE.

Il le sera dans peu.

LE BARON

Tant mieux : vous nié paierez cé qu’il mé doit au jeu.

Jé fais arrêt sur vous, sur la fille et la dote.

CÉRONTE, à Sotencour.

Quoi ! vous avez perdu ?

SOTENCOUR.

Je vous dis qu’il radote.

Je ne sais... *

LE BARON, à Gcronte.

Nuit et jour il hanté les brélans ;

Il doit encore au jeu plus dé vingt millé francs.

CÉRONTE.

Plus de vingt mille francs!

LE BARON

Oui , monsieur.

* SOTENCOUR.

Je vous jure ,

Foi de vrai bas Normand , que c’est une imposture; Que je ne comprends rien à ce maudit jargon ,

Et ne sais, pour tout jeu , que l’oie et le toton.

LE BARON

Vous mé gâtez ici bien du temps en paroles,

Monsieur, jé veux toucher mes quatre cents pistolcs.

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