ACTE III, SCÈNE y. MI
Et moi , de bonne foi , je te donnais mou coair ,
Sans connaître le tien et toute sa noirceur.
LE CHEVALIER
Vous m’honorez vraiment par-delà mes mérites;
Mais je ne comprends rien à tout ce que vous dite*.
DÉMOPHON
Ma foi , ni moi non plus. Mais dites-moi , ma sœur,
A quoi tend ce discours? Quelle bizarre humeur?
LE CHEVALIER , à Démoplio».
Madame est votre sœur ?
DÉHOPHOX.
Oui , monsieur , dont j’enrage ;
De plus , ma sœur aînée , et n’en est pas plus sage.
(à Aramintc.)
Quel caprice nouveau , quel démon, dis-je , enfin ,
Vous oblige à venir, en faisant le lutin ,
Scandaliser ici monsieur, qui, de sa vie,
Ne vous vit , ne connut, et n’en a nulle envie ?
4 ARAM1KTE.
11 ne me connaît pas ! Vous ôtes fou , je crois !
Depuis plus de deux ans l’ingrat vit sous mes lois ;
Jl a fait de mon bien un assez long usage ;
J’ai fait à mes dépens son dernier équipage ;
Et si de ses malheurs je n'avais eu pitié ,
11 aurait tout au long fait la campagne à pied.
DÉHOPBOX, bas au chevalier.
Je vous le disais bien, qu’elle était un peu folle
LE CHEVALIER , bas à Déiuoplion.
Elle y vise assez.
DÉMOPIION, bas au chevalier.
Oh! j’en donne ma parole.
LE CHEVALIER
Je ne veux pas ici m’exposer plus longtemps A m’entendre tenir des discours insultants.
A madame à présent je quitte la partie ;
Je reviendrai sitôt qu’elle sera partie. >'
DÉMOPHON , bas au chevalier,
Ne vous arrêtez point à tout ce qu’elle dit ;
11 faut s’accommoder à son bizarre esprit.
LE CHEVALIER
Pour un moment, monsieur, souffrez que je vous quitte ;
322 LES MÉNECIIMES.
Je reviens sur mes pas achever ma visite.
(Il s’eo va.)
ARA3UNTE , ail chevalier.
Ne crois pas m’échapper.