MÉNECHME , DÉMOPHON, ISABELLE, ARAMINTE
DÉMOPHON
Heureusement ici je vois venir mon gendre.
(à Méuecbme.)
Vous n’amenez donc pas le notaire en ces lieux ?
MÉNECHME
J’ai cherché son logis en vain une heure ou deux ,
Et je viens vous prier de m’y vouloir conduire.
Toujours quelque fâcheux a pris soin de me nuire.
DÉMOPHON
Je l’attends ; et je crois qu’il ne tardera pas.
MÉNECHME
L’un , du bout de la place accourant à grands pas ,
Comme le plus chéri de mes amis fidèles.
Me vient de ma sauté demander des nouvelles ;
IJn autre , à toute force , et me serrant la main ,
Me veut mener souper au cabaret prochain ;
Celui-ci , m’arrêtant au détour d’une rue ,
Me force à lui payer une dette inconnue :
Et de tous ces gens-là , me confonde l’enfer,
Si j’en connais aucun , non plus que Lucifer !
ARAMINTE , à Ménechinc.
Traître ! c’en est donc fait; malgré ta foi donnée,
Tu te veux engager dans un autre hyménée ,
Malgré tous tes serments , malgré ton premier choix !
MÉNECHME
Ah ! nous y voilà donc encore une autre fois î
ARAMINTE
Tu me quittes, perfide, ingrat, cœur infidèle!
Tu te fais un plaisir de ma peine cruelle !
Tu me vois expirante et cédant à mon sort,
Sans donner seulement une larme à ma mort.
(Elle tombe sur Finette.) MÉNECHME.
Cette femme est sur moi rudement endiablée!
Il faut assurément qu’on l’ait ensorcelée.
Faudra-t-il que toujours je sois dans l’embarras