CH (SPIN
Allons , m'amie ,
LE LÉGATAIRE UNIVERSEL
Au bel appariement mène-moi , je te prie.
Est-il voisin du tien ? Je te trouve à mon gré ;
Et nous pourrons , la nuit, converser de plain-pied. Bonne chère, grand feu : que la cave enfoncée Nous fournisse , à pleins brocs, une liqueur aisée :
Fais main basse sur tout; le bon homme a bon dos.
Et l’on peut hardiment le ronger jusqu’aux os.
Mon oncle , pour ce soir il me faut , je vous prie ,
Cent louis neufs comptant, en avance d’hoirie ;
Sinon , demain matin , si vous le trouvez bon ,
Je mettrai , de ma main , le feu dans la maison.
CÉRONTE, à part.
Grands dieux ! vit-on jamais insolence semblable ?
LISETTE, bas à Géronlc.
Ce n’est pas un neveu , monsieur ; mais c’est un diable. Pour le faire sortir employez la douceur.
GÉItONTE.
Mon neveu , c’est à tort qu’avec tant de hauteur Vous venez tourmenter un oncle à l’agonie ;
En repos laissez-moi finir ma triste vie ,
Et vous hériterez au jour de mon trépas.
CRISPIN
D’accord. Mais quand viendra ce jour ?
GÉItONTE.
A chaque pas
L’impitoyable mort s’obstine à me poursuivre ;
Et je n’aï , tout au plus , que quatre jours à vivre. ..
CRISPIN
Je vous en donne six; mais après, ventrebleu.
N’allez pas me manquer de parole, ou dans peu Je vous fais enterrer mort ou vif. Je vous laisse.
Mon oncle, encore un coup, tenez votre promesse.
Ou je tiendrai la mienne.