ACTE III, SCÈNE II
Quami vous en allez-vous?
CRISPIN
Voudriez-vous me suivre?
Cela dépend du temps que vous avez à vivre.
Mon onde , soyez sûr que je ne partirai Qu’après vous avoir vu, bien doué , bien muré,
Dans quatre ais de sapin reposer à votre aise.
LISETTE , bas à Déroute.
Vous avez un neveu, monsieur, ne vous déplaise,
Qui dit ses sentiments en pleine liberté.
CÉRON'TE, bas à Lisette.
A le dire le vrai , j’en suis épouvanté.
CRISPIN
Je suis persuadé , de l'humeur dont vous êtes ,
Que la succession sera des plus complètes ,
Que je vais manier de l’or à pleine main ;
Car vous êtes, dit-on , un avare , un vilain.
Je sais que , pour un sou , d’une ardeur héroïque Vous vous feriez fesser dans la place publique.
Vous avez, dit-on même, acquis, en plus d’un lieu , Le titre d’usurier et de fesse-mathieu.
GÉRONTE
Savez-vous , mon neveu , qui tenez ce langage ,
Que , si de mes deux bras j’avais encor l’usage ,
Je vous ferais sortir par la fenêtre?
CRISPIN
- , Moi?
CÉRONTE.
Oui , vous : et , dans l'instant , sortez.
Ah ! par ma foi ,
Je vous trouve plaisant de parler de la sorte !
C’est à vous de sortir, et de passer la porte. l>a maison m'appartient : ce que je puis souffrir,
C’est de vous y laisser encor vivre et mourir.
LISETTE
Ah ciel ! quel garnement !
GÉRONTE, bas.
Où suis-je ?