ACTE IV, SCÈNE VII
STR A BON
Madame , par hasard , n’êtes-vous point ma femme ?
CLÉANTIIIS.
Monsieur, par aventure, êtes-vous mon époux ?
STRABON
il faut que cela soit; car je sens que pour vous Dans mon cœur tout à coup ma flamme est amortie ,
Et fait en ce moment place à l'antipathie.
CLÉANTH1S.
Ah ! te voilà donc , traître! après un si long temps ,
Qui t’amène en ces lieux? qu’est-ce que tu prétends?
STRABON-
M’en aller au plus tôt. Que ma surprise est forte !
Dis-moi , ma chère enfant , pourquoi n’es-tu pas morte ?
CLÊANTHIS.
Pourquoi n’es-tu pas morte! Indigne , scélérat,
Déserteur de ménage, et maudit renégat,
Pour t’arracher les yeux...
STRABON
Ah! doucement, madame!
( à part. )
O pouvoir de l’hymen, quel retour en mon âme !
CLÊANTHIS, à part.
Je ressentais pour lui les transports les plus doux • Hélas ! qu’allais-je faire ? Il était mon époux.
( Haut. )
Va , fuis. Que le démon , qui te prit en ton gtto Pour t’amener ici , t’y remporte au plus vite.
Évite ma fureur; retourne dans tes bois.
STRABON
Il ne vous faudra pas me le dire deux fois.
J’aime mieux être ermite, et brouter des racines, Revoyager vingt ans , nu-pieds , sur des épines ,
Que de vivre avec vous. Adieu.
' CLÉANTIIIS.
Que je le hais !
STRABON
Qu’elle est laide à présent ! et qu’elle a l’air mauvais!
POESIES DIVERSES
ËPITRE I.