‹ Theatre de Regnard (volume 2)Chapitre 48 sur 434 · VA I. ÈRE · texte numérisé non relu

VA I. ÈRE

Est-il venu quelqu'un ?

Il est , selon l'usage ,

Venu maint créancier; de plus, un gros visage,

Un maître de trictrac qui ne m’est pas connu.

Le maître de musique est encore venu.

Ils reviendront bientôt.

VALÈRE

Bon. Pour cette autre affaire ,

M’as-tu déterré...

HECTOR

Qui ? cette honnête usurière Qui nous prête, par heure, à vingt sous par écu?

VALÈRE

Justement, elle-même.

HECTOR

Oui , monsieur, j’ai tout vu.

Qu’on vend cher maintenant l’argent à la jeunesse ! Mais enfin, j’ai tant fait avec un peu d’adresse. Qu’elle m’a reconduit d’un air fort obligeant ;

Et vous aurez , je crois , au plus tôt votre argent.

VALÈRE

J’aurais les mille éens ! O ciel ! quel coup de grâce ! Hector, mon cher Hector, viens çà que je t’embrasse.

Comme l'argent rend tendre!

VALÈRE

Et tu crois qu’en eflet

Je n’ai , pour en avoir , qu’à donner mon billet ?

HECTOR

Qui le refuserait serait bien difficile :

Vous êtes aussi bon que banquier de la ville.

Pour la réduire au point où vous la souhaitez,

11 a fallu lever bien des difficultés :

Elle est d'accord de tout , du temps , des arrérages : 11 ne faut maintenant que lui donner des gages.

VALÈRE

Des gages?

HECTOR

Oui, monsieur.

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