VALÈRE, ANGÉLIQUE, NÉR1NE
NÉRINE, à part.
Elle connaît ses gens.
VALÈRE
Oui , pour vous je soupire,
Et je vomirais avoir cent bouches pour le dire.
NÉRINE, bas à Angélique.
Allous, mailuiue , allons, l'orme ; voici le choc :
Point de faiblesse au moins! ayez un cœur de roc.
ANGÉLIQUE, bas à Ncrioc.
Ne m’abandonne point.
NÉRINE , bas à Angélique.
Non , non ; laissez-moi faire.
VALÈRE
Mais que me sert , hélas ! que mon cœur vous préfère Que sert à mon amour un si sincère aveu ?
Vous ne m’écoutez point, vous dédaiguez mon feu.
De vos beaux yeux pourtant , cruelle, il est l’ouvrage. Je sais qu’à vos beautés c’est faire un dur outrage De nourrir dans mon cœur des désirs partagés;
Que la fureur du jeu se mêle où vous léguez :
Mais...
ANCÉL1QUE.
Celte passion est trop forte en votre âme Pour croire que l’amour d’aucun leu vous enflamme. Suivez , suivez l’ardeur de vos emportements;
Mon cœur n’en aura point de jaloux sentiments.
NÉRINE, bas à Angélique.
Optime.
VALÈRE
Désormais , plein de votre tendresse ,
Nulle autre passion n’a rien qui m’intéresse ;
Tout ce qui n’est point vous me parait odieux.
ANGÉLIQUE , d’un tou plus tendre.
Non , ne vous présentez jamais devant mes yeux.
. NÉRINE, bas à Angélique.
Vous mollissez.
VALÈRE
Jamais ! quelle rigueur extrême !
Jamais! Ah! que ce mot est cruel quand on aime! lié quoi ! rien ne pourra fléchir votre courroux?
Vous voulez donc me voir mourir à vos genoux ?
ANGÉLIQUE
Je prends [teu d’intérêt, monsieur, à votre vie.
NÉRINE, bas à Angélique.
Nous allons bientôt voir jouer la comédie.
VALÈRE
Ma mort sera l'effet de mon cruel dépit.