‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 112 sur 404 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ISABELLE, USETTE, M^e GROGNAC, VALÈRE.

M«* GROGNAC, à Isabelle.

Venez , mademoiselle , et saluez les gens.

(Isabelle fait la révérence. )

Plus bas ; encor plus bas. O del ! quelle ignorance I

Ne savoir pas encor faire la révérence,

Depuis trois ans et plus qu'elle apprend à danser !

LISETTE

Son maître tous les jours vient pourtant l'exercer : Mais que peut*on apprendre en trois ans?

M™» GROGNAC, à Lisette.

A se taire.

LISETTE, bas.

Elle a bien aujourd'hui l'esprit atrabilaire.

(baut.)

Nous attendons encore un maître italien.

t30 LE DISTRAIT.

Qui doit Tenir tantôt.

M"*® GROGNA.C, à Lisette.

Je vous le défends bien.

Je ne veux point chez moi gens de cette séquelle : Ce sont courtiers d'aoïoar pour une demoiselle.

(à Isabelle. )

Levez la tète. Encor. Soyez droite. Approchez. Faut-il tendre toujours le dos quand vous marchez ? Présentez mieux la gorge , et baissez cette épanle.

LISETTE y à part.

C'est du soir au matin un étemel contrôle.

M"*' GROQMJkC , à Isabelle.

Avancez , s'il vous platt , et répondez à tout. Parlez. Le mariage est-il de votre goût?

(Isabelle rit.) VALÈRB.

Elle rit. Bon , tant mieux ; j'en tire un bon augure.

LISETTE

Vdlà ce qui s'appelle un ris d'après nature.

M<"« GROGRAC, > Isabelle.

Quoi! vous avez le front de rire, et devant nous! Vous ne rougissez pas quand on parle d'^)0ux !

ISABELLE

J Ignorais qu'une fille, au mot de mariage, D'une prompte rougeur dût couvrir son,visdge. Je dois vous obéir ; et , quand je l'entendrai , * Puisque vous le voulez, d'abord je rougirai.

LISETTE, à part.

Quel heureux naturel !

M™" GROGNAC.

Les époux sont bizarres , Brutaux , capricieux , impérieux , avares : On devrait s'en passer, si l'on avait bon sens.

ISABELLE

N'étaient-ils pas ainsi tous faits de votre temps ? Vous n'avez pas laissé d'en prendre un , étant fille.

Mm« GROGNAC.

Vous êtes dans l'erreur. Rodillard de Choupille , Noble au bec de corbin, grand gruyer de Berry, Et qui fut votre père, étant bien mon mari , M'enleva malgré moi ; sans cela , de ma vie ,

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