ACTE I, SCÈNE IV. I3I
De me donner un mattre iJ ne m'eût pris envie.
LISETTE
La même chose nn jour pourra nous amyet.
ISABELLE
On ne fait donc point mal à se faire enlever?
U^ GROCNAC.
Eh bien ! irit*on jamais un esprit plus reptile P Puis-je aToir jamais fait une telle imbécile? C'est une grosse b6te, et qui n'est propre à rien.
LISETTE, à part.
Elle est bien votre iiUe , et vous ressemble bien,
■■ne GROGNAC, à LiseUe.
Eohiplaitil?
LISETTE
Vous m'avez ord<Hmé le silence.
■ne GROGRAG.
Vous pourriez à la fin lasser ma patience.
VALàRB , à madame Grognac.
ie veux plus doucement la sonder sur ce point.
( à l sabelle. ) Voulez- VOUS un mari?
ISABELLB.
Je n'en demande point :
Mais, s'il s'en rencontrait quelqu'un qui pût me plaire , Je pourrais l'accepter, ainsi qu'a fait ma mjère.
M"* GROGRAG, à Isabelle.
Comment donc?
VALÈRE, à madame Grogaac.
Avec elle agissons sans aigreur, (à Isabelle.) Çà, dites-moi, quelqu'un vous tiendrait*il au cœur?
ISAJtELLE.
4ht
USETTE , À Isabelle.
Boni courage I
VALÈRE , à Isabelle.
Allons, parlez-nous sans rien craindre
ISABELLE
Je sens , lorsque je vois un petit homme à peindre...
VALÈRE
Eh bien donc?
ISABELLE
Je sens là je ne sais quoi qui platt; Mais je ne saurais bien tous dire ce que c'est.
Oh ! je le sais bien , moi : c'est l'amour qui murmure.
M*"* GROCNAC, à iMlbelle.
J'apprends avec plaisir une telle ayenture.
£t quel est , s'il vous plait , ce jeune adolescent
Qui TOUS fait ressentir ce mouTement naissant?
ISABELLE
Ah ! si TOUS le voyiez, tous l'aimeriez yous-mème. Il me dit tous les jours qu'il m'estime, qu'il m'aime; 11 pleure quand il yeut. Tu sais comme il est fait, Lisette ; et tu nous peux en faire le portrait.
LISETTE
C'est un petit jeune homme à quatre pieds de terre , Homme de qualité , qui revient de la guerre ; Qu'on voit toujours sautant, dansant , gesticulant; Qui vous parle en sifflant, et qui siffle en parlant; Se peigne, chante, rit, se promène, s'agite; Qui décide toujours pour son propre mérite; Qui près du sexe encor vit assez sans façon.
VALÈRE
Mais, c'est le chevalier.
LISETTE
Vous avez dit son nom.
M"» GROGNAG.
Qui? Ce fou?
VALÈRE
S'il n*a pas le bonheur de vqus plaire , Songez qu'il m'appartient. C'est un jeune homme à faire: 11 a de la valeur ; il est bien à la cour.
Mme GROGNAG.
Qu'il s'y tienne.
VALÈRE
Il sera très-riche quelque jour :
Il peut lui convenir de bien , d'esprit , et d'&ge.
ISABELLE
Il est tout fait pour moi , l'on ne peut davantage.
If^e CROGNAC.
De quel front , s'il vous plaît, sans mon consentement ,