‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 137 sur 404 · ISABELLE , LISETTE · texte numérisé non relu

ISABELLE , LISETTE

LISETTE

Grâce au ciel, à la fin tous quittez la toilette : Votre mère aujourd'hui doit être satisfaite. De notre diligence on peut se prévaloir ; n n'est encore, au plus, que sept heures du soir.

ISABELLE

Il me semble pourtant que j'aurai peine à plaire, Et je n'ai pas les yeux si Tifs qu'à l'ordinaire. Ma mère en est la cause, et ce qu'elle me dit Me brouille tout le teint, me sèche et m'enlaidit.

USETTE.

Elle enrage à vous voir si grande et si bien faite. La loi devrait contraindre une mère coquette, Quand la beauté la quitte, ainsi que les amants, Et qu'elle a fait sa charge environ cinquante ans , D'abjurer la tendresse , et d'avoir la prudence De faire recevoir sa fille eu survivance.

ISABELLE

Que ce serait bien fait t car enfin, en amour.

Il faut, n'est-il pas vrai ? que chacun ait son tour.

LISETTE

Oui , la chanson le dit. Dites* moi , je vous prie, Si pour le chevalier votre âme est attendrie. Est-ce estime? est-ce amour?

ISABELLE

Oh! je n'en sais pas tant.

Mais encor ?

ISABELLE

Je ne sais si ce que mon cœur sent Se peut nommer amour ; mais enfin je t'avoue Que j'ai quelque plaisir d'entendre qu'on le loue :

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