‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 138 sur 404 · ACTE Ul, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE Ul, SCENE II

Par an destin paissant, et des charmes secrets , Je me troave attachée à tous ses intérêts. Je roagiSy je p&lis, quand il s'offre à ma Toe : S'il me quitte, des yeux je le suis dans la rue. Mais que te dis- je, hélas! mon cœur partout le suit. Ses manières, son air, occupent mon esprit; £t souvent, quand je dors, d'agréables mensonges M'en présentent l'image an milieu de mes songes. Est- ce estime? est-ce amour ?

USETTE.

c'est ce que vous Toudrcz; Mais enfin c'est un mal dont vous ne guérirez Qu'avec un rédpéd'un hymen salutaire; Et je yeux m'employer à finir cette affaire. Le ehevalier, tout franc, est bien mieux votre fait. Léandre a de l'esprit, mais il est trop distrait. U vous faut un mari d'une humeur plus fringante , Léger dans ses propos, qui toujours danse ou chante ; Qui vole incessanament de plaisirs en plaisirs , Laissant vivre sa femme au gré de ses désirs , S'embarrassant fort peu si ce qu'elle dépense Vient d'un autre ou de lui. C'est cette nonchalance Qui nourrit la concorde , et fait que dans Paris Les femmes, plus qu'ailleurs, adorent leurs maris.

ISABELLE

Tu sais bien que ma mère est d'une humeur étrange -. Crois-tu que son esprit à ce parti se range? Elle m'a défendu de voir le chevalier.

LISETTE

Sans 86 TOUT, on ne peut pourtant se marier. Ne vous alarmez point : nous trouverons peut-être Quelque moyen heureux que l'amour fera naître. Qui pourra tout d'un coup nous tirer d'embarras. Un sort heureux déjà conduit id ses pas.

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