‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 139 sur 404 · ISABELLE, LE CHEVALIER, LISETTE · texte numérisé non relu

ISABELLE, LE CHEVALIER, LISETTE

LE CHEVALIER, daDsaot et sifflant, à Isabelle.

Je VOUS troave à la fin. Ah ! bonjour, ma princesse;

Vous ayez aujourd'hui tout l'air d'une déesse ; Et la mère d'Amour, sortant du sein des mers. Ne parut point si belle aux yeux de l'univers. De votre amour pour mol je yeux prendre ce gage.

(11 lui baise la main.) ISABELLE*

Monsieur le chevalier...

LISETTE, au chevalier.

Allons donc, soyez sage.

Comme vous débutez 1

LE CHEVALIER, à Lisette.

Nous autres gens de cpur,

Nons savons abréger le chemin de l'amour.

Voudrais-tu donc me voir, en amoureux novice ,

De l'amour à ses pieds apprendre l'exercice ,

Pousser de gros soupirs, serrer le bout des doigts?

Je ne fais point, morbleu , l'amour comme un bourgeois;

Je vais tout droit au cœur.

(à Isabelle.)

Le crolriez-vous, la belle?

Depuis dix ans et plus je cherche une cruelle.

Et je n'en trouve point , tant je suis malheureux !

LISETTE

Je le crois bien , monsieur; vous êtes dangereux !

LE CHEVAUER , à Isabelle.

J'ai bien bu cette nuit; et, sans fanfaronnades, A votre intention j'ai vidé cent rasades. Mon feu , qui dans le vin s'éteint le plus souvent , Reprend vigueur pour vous, et s'irrite en buvant. 11 fait, parbleu , bien chaud.

( 11 ôte sa perruque, et la peigne. ) U8ETTE.

La manière est plaisante.

Vous voulez nous montrer votre tête naissante ; Ce regain de cheveux est eucor bon à voir.

ISABELLE, au chevalier.

Vous êtes mal debout : voulez-vous vous asseoir? Lisette, des fauteuils.

LE CHEVALIEB*.

Point de fauteuil , de grâce.

Oh ! monsieur , je sais bien...

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