‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 147 sur 404 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LËÂNDRE, CARLIN; ISABELLE et LISETTE, dans le foù.i

du théâtre.

LÉANDRE

D'où viens-tu ? parle donc , réponds-moi. Je ne te vois jamais , quand j'ai besoin de toi.

CARLIN

J'exécute votre ordre avec zèle , ou je meure. Vous avez oublié que , depuis un quart d'heure , De dix commissions il vous plut me charger. J'ai TU le rapporteur, le tailleur, l'horloger; Et voilà votre montre enfin raccommodée : Elle sonne à présent.

LÉANDRE , prenant la montre.

11 me l'a bien gardée.

ACT£ m, SCÈNE [X. 16il

GARUN.

Vous m'ayez commandé de même d'acheter De bon tabac d'Espagne ; en voilà pour goûter.

LÉANDRB prend le papier où est le Ubac. Voyons.

GARUN.

C'est du meilleur qu*on puisse jamais prendre , Dont on frauda les droits en revenant de Flandre.

LÉAUDRE jette la montre, croyant jeter le tabac.

Quel horrible tabac I tu yeux m'empoisonner.

CARLIN

La montre ! ah l yoilà bien pour la faire sonner ! Quelle distraction , monsieur, est donc la vôtre?

LÉANDRE

Oh ! je n'y pensais pas; j'ai jeté l'un pour Tautre.

CARLIN

Ne vous voilà pas mal ! La mqntre cette fois Va revoir l'horloger tout au moins pour six mois.

LÉANDRE

Cours à l'appartement de l'aimable Clarîce; Sache si pour la voir le moment est propice; Peins-lui bien mon amour, et quel est mon chagrin D'avoir manqué tantôt à lui donner la main. Va vite, cours, reviens.

CARUN, mettant la montre à son oreille.

La montre est tout en pièces.

Vous devriez , monsieur, exercer vos largesses» Et m'en faire présent...

LÉANDRE

Va donc, ne tarde pas.

Je t'attends.

CARLIN

J'obéis , et reviens sur mes pas.

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