‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 196 sur 404 · V.ANDRé,àGéroDte · texte numérisé non relu

V.ANDRé,àGéroDte

Oui, justement, Clitandre , un enfant de famille, dont le père est allé je ne sais où , et qui sera bien surpris , à son retour^ quand il apprendra la vie que son fils mène pendant son absence.

MERUN, à part.

Cela va mal.

M. ANDRÉ

Autant que le fils est joueur, dépensier et prodigue , autant le père, à ce qu'on dit, est un vilain, un ladre, qn feasemathieu.

2ltf LE RETOUR IMPRÉVU.

GÉRONTE

Que Toulez-TOUfl dire arec votre ladre et votre fesse-ma* thieu?

M. kVVSLé.

Ce n'est pas de vous dont je veux parler ; c'est du père de Clitandre, qui est un sot, un imbécile.

GÉROIITE.

Merlin...

MERLIN , à GéroDte.

Il VOUS dit vrai, monsieur; Clitandrelui doit deux miUeéeos.

GJÊRONTB.

Et tu dis qu'il a été d'une si l)onne conduite! •

MERUN.

Oui, monsieur; c'est un effet de sa bonne conduite de de* voir cet argent-là.

GÉRONTE

Comment, emprunter deux mille écus d'un usurier I car je vois bien , à la mine, que monsieur est du métier.

M. ANDRÉ, à Géroate.

Oui, monsieur; et je vous crois aussi de la profession.

lIERI<IN,à part.

Comme les honnêtes gens se connaissent !

GÉRONTE , à Merlin.

' Tu appelles cela l'efTet d'une bonne conduite?

MERLIN , bas à GéroDte.

Paix , ne dites mot. Quand vous saurez le fond de cette affaire-là , vous serez charmé de monsieur votre fils ; il a acheté une maison de dix mille écus.

GÉRONTE

Une maison de dix mille écus !

MERLIN, bas à Géronte.

Qui en vaut plus de quinze ; et comme fl n'avait que vingtr quatre mille francs d'argent comptant, pour ne pas manquer un si bon marché, il a emprunté les deux mille écus en question de rhonnête fripon que vous voyez. Vous n'êtes plus si lâAhé que vpus étiez , je gage?

GÉRONTE

Au contraire, je ne me sens pas de joie. ( A M. Andréa) oh l ça, monsieur, ce Clitandre, qui vous doit de l'argent, est mon

ms.

MERUN, i M. André.

Et monsieur est son père , entendez-vous ?

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