GÉRONTE, MERLIN
CÉRONTfi.
Et, dis-mol un peu, dans qael endroit de la ville mon fils a-t-il acheté cette maison ?
MERLIN
Dans quel endroit?
GÉRONIC.
Oui. n y a des quartiers meilleurs les uns que les autres : celui-d,par exemple...
■BRLOf.
Mais , vraimeDi , c'est aussi dans cdoi-d qn*il Ta achetée.
«ÉROim.
Bon , tant mieux. Où cela?
MERLIN
Tenez, voyez-vous bien cette maison couverte d'ardoises , • dont les fenêtres sont reblanchies depuis peu ?
GÉRONTE
Oui. Eh bien?
MERLIN
Ce n'est pas celle-là; mais un peu plus loin, h gauche, là... cette grande porte cochère qui est vis-à-vis de cette antre qui est vis-à-vis d'elle, là... dans cette autre rue.
GÉBONTE.
Je ne saurais voir cela d'ici.
MERLIN
Ce n'est pas ma faute.
GÉRONTE
Ne serait-ce point la maison de madame Bertrand ?
MERLIN
Justement, de madame Bertrand ; la voilà : c'est une bonne acquisition , n'est-ce pas?
GÉRONTE
Oui yraiment. Mais pourquoi eette femme-là vend-elle ses héritages?
MERLIN
On ne prévoit pas tout ce qui arrive. Il lui est survenu un grand malheur; elle est devenue folle.
GÉRONTE
Elle est devenue folle I
MERLIN
Oui , monsieur. Sa fomille Ta fait interdire; et son fils, qui est un dissipateur, adonné sa maison pour moitié de ce qu'elle vaut. (A part. ) Je m'embourbe ici de plus en plus.
CéRONTE.
Mais elle n'avait point de fils quand Je suis parti.
MERLIN
Elle n'en avait point ?
Non assarément
MERLIN
I] faut donc qoe ce soit sa fille.
GÉRONTB.
Je sois Aché de son accident. Mais je m'amuse ici trop longtemps ; fais-moi ouvrir la porte.
MERLIN , à part.
Ouf ! nous voflà dans la crise.
GÉRONTE
Te voilà bien consterné! Serailril arrivé quelque accidenta mon fils ?
MERLIN
Non , monsieur.
6ÉR0NTB.
M'aurait-on volé pendant mon absence?
MERLIN
Pas tout à fait... ( k part. ) Que loi dirai-je ?
GÉRONTE
Explique-toi donc ; parle.
J'ai peine à retenir mes larmes. N'entrez pas , monsieur. Votre maison , cette chère maison que vous aimez tant. .. de • pois six mois...
GÉRONTE
Eh bien! ma maison , depuis six mois...