ALBERT , CRISPIN
CRISPIN, à part.
Mon maître, qui m'attend au cabaret prochain. M'envoie ici devant pour sonder le terrain.
ai
M LES FOLlt:S AMOUREUSES.
YoOà, je crois, noire homme; il faut feiudre de sorte...
ALBERT
Que faites-Yous ici seul , et devant ma porte?
CAis^m.
Bonjour, monsieur.
4i.BEaT.
Bonjour.
CRISPIlf.
Vous portez- Yous bien ?
ALBERT
GRISPIN.
En Yérité, j'en ai le cœur bien réjoui.
ALBERT
Content , on non content , quel sujet tous attire ? Et quel homme é^^vous?
CRISPlJi.
J*aurais peine à le dire.
J'ai fait tant de métiers, d'après le naturel , Que je puis m*appeler un bomme universel. J*ai couru l'univers; le monde est ma patrie : Faute de revenu , je vis de l'industrie , Ck>mme bien d'autres font; selon l'occasion , Quelquefois honnête homme, et quelquefois fripon. J'ai servi volontaire un an dans la marine ; /
£t, me sentant le cœur enclin à la rapine, Après avoir été dix-huit mois flibustier , Un mien parent me fit apprenti maltdtier. J*ai porté le mousquet en Flandre , en Allemagne; £t j'étais miquelet dans les guerres d'Espagne.
ALBERT
Voilà bien des métiers !
(à part) Du bas jusques en haut , Cet homme me paraît avoir l'air d'un maraud.
(haut.) Que faites- vous ici? Parlez.
^CRISPIN
Je me retire.
ALBERT
Non , non ; il faut parler.
Oui.