‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 215 sur 404 · ALBERT , CRISPIN · texte numérisé non relu

ALBERT , CRISPIN

CRISPIN, à part.

Mon maître, qui m'attend au cabaret prochain. M'envoie ici devant pour sonder le terrain.

ai

M LES FOLlt:S AMOUREUSES.

YoOà, je crois, noire homme; il faut feiudre de sorte...

ALBERT

Que faites-Yous ici seul , et devant ma porte?

CAis^m.

Bonjour, monsieur.

4i.BEaT.

Bonjour.

CRISPIlf.

Vous portez- Yous bien ?

ALBERT

GRISPIN.

En Yérité, j'en ai le cœur bien réjoui.

ALBERT

Content , on non content , quel sujet tous attire ? Et quel homme é^^vous?

CRISPlJi.

J*aurais peine à le dire.

J'ai fait tant de métiers, d'après le naturel , Que je puis m*appeler un bomme universel. J*ai couru l'univers; le monde est ma patrie : Faute de revenu , je vis de l'industrie , Ck>mme bien d'autres font; selon l'occasion , Quelquefois honnête homme, et quelquefois fripon. J'ai servi volontaire un an dans la marine ; /

£t, me sentant le cœur enclin à la rapine, Après avoir été dix-huit mois flibustier , Un mien parent me fit apprenti maltdtier. J*ai porté le mousquet en Flandre , en Allemagne; £t j'étais miquelet dans les guerres d'Espagne.

ALBERT

Voilà bien des métiers !

(à part) Du bas jusques en haut , Cet homme me paraît avoir l'air d'un maraud.

(haut.) Que faites- vous ici? Parlez.

^CRISPIN

Je me retire.

ALBERT

Non , non ; il faut parler.

Oui.

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