‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 216 sur 404 · ACTE 1, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE V

CRISPIN^ à part.

Je De sais que lui dire^

Voas me portez tout l'air d'être de ces fripoud Qui rôdent pour entrer la nnit dans les maisons.

GRISPIN.

Vous me connaissez mal ; j'ai d'auti*es soins en tète. Tandis que le hasard dans ce séjour m'arrête , Ayant pour bien des maux des seci%ts merveilleux ^ Je m'amuse à chercher des sfinples dans ces lieux.

ALBERT

Des simples >*

CiHSPUf.

OdJ , monsieur. Tout le temps de ma vie, J^ai fait profession d'exercer la chimie. Tel que yous me voyez, il n*est guère de maux Où je ne sache mettre un remède à propos ; ^

Pierre, gravelle ^ toux, vertige, maux de mère : On m'a même accusé d'avoir un caractère^ 11 ne s'en est fallu qu'un degré de chaleur. Pour être de mon temps le plus heureux souffleur.

ALQERt.

Cet liabit cependant n'est pas de compétence.

CRispm.

Vous savez que l'habit ne fait pas la science; Et je ne serais pas réduit d'être talet , Si je n'avais eu bruit avec le Châtelet Mais un jour on verra triompher l'innocence.

ALBERT

Vous avez, dites-vous...

GRISPIN.

Voyez h médisance !

Certain jour, me trouvant le long d'un grand chemin , Moi troisième , et le jour étant sur son déclin , En nu certain bourbier j'aperçus certain coche . En homme secourable aussitôt je m'approche; Et, pour le soulager du poids qui l'arrêtail , J'ôtai des magasins les paquets qu'il portait. On a voulu depuis, pour ce trait charitable , De ces paquets perdus me rendre responsable : Le prévôt s'en mêlait ; c'est pourquoi mes amis

Me cobseîllèreiit toas de quitter le pays.

ALBERT

C'est agir prudemment en affaires pareilles.

CRISPIN

J'arrive de la guerre , où j*ai fait des merveilles. Les Ardeunes m'ont tu soutenir tout le feu , Et batailler un jour, seul , contre un parti bleu. Tai , dans le Milanais , payé de ma personne. Savez-Yous bien, monsieur, que j'étais dans Crémone.'

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