ACTE 1, SC^^Ë H. a
Le trait qui me perça , mon cœur l*a rapporté.
VALERTIN.
Autrefois cependant pour sa tante Araminte, Toute folle qu'elle est , vous aviez l'âme atteinte. J'approuvais fort ce choix : outre que ses ducats Nous ont plus d'une fois tiré de mauvais pas , J'y trouvais mou profit : tous cigolies la tante , Et moi je pourchassais Finette la suivante. Ainsi vous voyez bien...
LE CHEVALIER
Oui ; je vois , en un mot, Que tu fais le docteur, et que tu n'es qu'un sot. Pour f empêcher de dire encor quelque sottise , Finissons, et chez moi va porter ma valise.
VALENTIN, redressant la ralise » pour la mettre sur snn
épaule.
J*obéis : cependant , si je voulais parler , Sur unsi beau sujet je pourrais m'étaler.
■LB CHEVALIER
Eh ! tais-toi.
VALENTIN
Quand je veux , je parle mieux qu'un autre.
LE CHEVALIER
Quelle est cette valise?
VALENTIN
Eh! parbleu, c^esl la vôtre.
LE CHEVAUER.
De la mienne elle n'a ni l'air ni la façon.
J'ai longtemps , comme vous , été dans le soupçon : Mais de votre cachet la figure et l'empreinte , Et l'adresse bien mise, ont dissipé ma crainte. Lisez plutôt ces mots distinctement écrits -. C'est « A monsieur Ménechme , à présent à Paris >*
LE CHEVAUER.
Il est vrai; mais enfin, quoi que tu puisses dire , Je ne reconnais point cette façon d'écrire; Enfin, ce n'est point là ma valise.
VALENTIN
D'accord.
Cependant à la vôtre elle ressemble fort.
792 LES MÉNECHIVIES.
LE CHEVALIEH.
Tu m'aaras &it id quelque coup de ta tète.
YALCITIN;.
Mais TOUS me prenez donc, monsieur , pour une béte? En reyenant de Flandre , où par trop brusquement Vous avez pris congé de yotre régiment*, Et passant à Péroune , où fut lo dernier gtte , Nous y primes la poste ; et , pour aller plus vite , Vous me fîtes porter au coche , qui partait , Votre malle assez lourde, et qui nous arrêtait : J'obéis à yotre ordre avec zèle et vitesse ; Je fis, par le commis, mettre dessus Tadresse : Ainsi je n'ai rien fait que bien dans tout ceci.
LE CHEVALIER
C'est de quoi, dans l'instant , je veux être éclaird. Ouvre vite, et voyons quel est tout ce mystère. VALENTIN , tirant uo paquet de clefs.
Dans un moment, monsieur , je vais vous satisfaire. Ouais , la clef n'entre point
LE CHEVALIER
Romps chaîne et cadenas.
VALENTIN
Puisque vous le voulez , je n'y résiste pas. Or sus , mstrumentons.
LE CHEVALIER
Qu'as-tu? Tu me regardes !
VALENTIN
Je ne vois là-dedans pas une de vos bardes.
LE CHEVALIER
Comment donc , malheureux ?
VALENTIN
Monsieur, point de courroux.
Au troc que nous faisons, peut-être gagnons-nous ; Et je ne crois pas, moi , que dans votre valise Mous eussions pour vingt francs de bonne marchandise.
LE CHEVALIER
Et ces lettres, maraud, qui faisaient mon bonheur , Où Taimable Isabelle exprimait son ardeur. Qui me les rendra? dis.
VALENTIN , tiraot un paquet de lettres de la valise. Tenez, en voilà d'autres