ACTE 11, SCENE
Et, Youlamt me sauver, des porteurs inhumains De leur maudit bâton me donnenl dans les reins. Quel bruit confus! quais cris ! Je crois qu'en cette ville Le diable a pour jamais élu son domicile.
YALEMTIN.
Oh ! Paris est un lieu de tumulte et d'éclat.
Comment! j'aimerais mieux cent fois être au sabbat. Un bois plein de voleurs est plus sûr. Ma valise, Contre la foi publique, en arrivant, m'est prise; On la change en une autre , où ce qui fut dedans, A le bien estimer, ne vaut pas quinze francs : Des billets doux de femme y sont pour toutes bardes.
VALENTIR.
Il faut en ce pays être un peu sur ses gardes.
Je ne le vois que trop. Suffit , ce coup de main Me rendra désormais plus alerte et plus fin. Heureusement encor, laissant ma malle au coche. J'ai mis fort prudemment mon argent dans ma poche.
VALEN11N
En toute occasion on voit les gens d'esprit. Je vous ai, dans ce lieu , fait préparer un lit , Dans un appartement fort propre et fort tranquille. Comptez-vous de rester longtemps en cette ville?
Le moins que je pourrai; je n'ai pas trop sujet De me louer fort d'elle , et d'être satisfait. Jeviens m'y marier.
VALBMTIN.
C'est pourtant une affaire Que l'on ne conclut pas en un jour, d'ordinaire.
J'y viens pour prendre aussi soixante mille écus Qu'un oncle que j'avais, et qu'enfin je n'ai plus, Attendu qu'il est mort, par grâce singulière, Bf a laissé depuis peu , comme à son légataire.
VALENTIN
Tout est-il pour vous seul , monsieur ?
Assurément
La gaerre m^a déTait d'un frère heureusement. I>epui8 près de vingt ans , à la fleur de son ftge, TI a de l'autre inonde entrepris le Toyagei Et n'est point revenu.
YÂLENTIN.
Le ciel lui fasse paix , Et dans tous vos desseins vous donne un plein snccès I Si vous ayez besoin de mon petit service. Vous pouvez m'employer, monsieur, à tout office * Je connais tout Paris , et je suis toujours prêt A servir mes amis sans aucun intérêt.
HéNECHMJS.
Ne sanriez-vous me dire où loge un certain homme, Un honnête bourgeois, que Démophon Ton nomme?
VAIiENTIN.
Démophon?
UàSECBUE.
Justement; c'est ainsi qu'il a nom.
VALBRTIN.
Qui peut vous enseigner mieux que moi sa maison? Nous irons. Avez- vous avec lui quelque affaire?
HÉNECHME.
Oui. Sauriez- vous encore oti demeure un notaire Qu'on nomme Roberlin ?
VALBNTIN.
Ah ! vraiment, je le croi ; Vous ne pouviez pas mieux vous adresser qu'à moi : Il est de mes amis , et nous irons ensemble.