‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 276 sur 404 · TALENT · texte numérisé non relu

TALENT

Rien n'est plos surprenant ; et votre ressemblanoe Avec votre jumeau passe la Traisemblance. Vous et loi , ce n*est qu'on : étant vêtu de deuil , Il n'est homme à présent dont vous ne trompiez rœi]. On ne peut distinguer qui des deux est mon maître; Et moi, votre valet , j'ai peine à vous connaître. Pour ne m'y pas tromper , souffrez que, de ma main , Je TOUS attache ici quelque signe certain. Donnez-moi ce chapeau.

LE CHEVALIER

Qu'en prétends-tu donc faire?

VALENTIN , mettant iioe marque au chapeau. Vous marquer de ma marque, ainsi que votre père. Pour vous mieux distinguer, faisait fort prudemment.

LE CHEVALIER

Tu veux rire, je orois?

YALENTm.

Je ne ris nullement :

Et je pourrais fort bien , le premier, m*y méprendre.

LE CHEVALIER

Le ootidre à ces traits s'est déjà laissé prendre :

Il m'a reçu d'abord d'un accueil obligeant;

Et dans une heure il doit me compter mon argent.

VALENTIN

Quoi! monsieur , il vous doit compter toute la somme, Soixante mille écus?

LE CHEVALIER

Tout autant.

VALENTIN

L'honnête homme !

D'autres à ce jumeau se sont déjà mépris : Pour vous, en ce lieu même, Araminte Ta pris,

Et chez elle à dtner a ?ouIu Tintroduire. Lai, surpris, interdit , et ne sachant que dire , Croyant qu'elle tendait un piège à sa ?ertu , L*ft brusquement traitée; il s'est presqye battu ; Et, si je n'avais pas apaisé la querelle, Il serait arrivé mort d'homme ou de femelle.

LE CHETALIER.

Mais ii'a-t-U point sur moi quelques soupçons naissants?

VÀLENTIN.

Quel soupçon voulez- vous qu'il ait? Depuis vingt ans Il vous croit trop bien mort; et jamais, quoi qu'on ose, Il ne peut du vrai fait imaginer la cause.

LE CHEVALIER

L'aventure est plaisante, et j'en ris à mou tour. Mais voyons le beau-père, et servons uotre amour. Heurte vite.

(ValentiD va frapper à la porte de DémophoD, qui sorl.)

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