‹ Théatre de Regnard (volume 3)Chapitre 277 sur 404 · DÉMOPHON, LE CHEVALIER, VALENTLX · texte numérisé non relu

DÉMOPHON, LE CHEVALIER, VALENTLX

VALENTIN , à DéiDophon.

Êtes-vous, monsieur, un honnête homme Appelé Démophon ?

DÉMOPHON

C'est ainsi qu'on me nomme.

Je me réjouis fort de vous avoir trouvé.

Voilà mon maître ici fraîchement arrivé ,

Qui se nomme Ménechme, et qui vient de Péronne

A dessein d'épouser votre fille en personne.

DÉMOPUON, au chevalier.

Ah ! monsieur , permettez que cet embrassemeni Vous fasse voir l'excès de mon contentement.

LE CHEVALIER

Souffrez aussi , monsieur , qu'une pareille joie Dans cet embrassement à vos yeux se déploie , •Et que tout le respect ici vous soit rendu , Que doit à son beau-père un gendre prétendu.

DÉMOPHON

Votre taille, votre air, votre esprit, tout m'enchante;

. ACTE m. SCÈNE II. 317

Et mon âme serait entièrement contente , Si votre oncle défunt, que je voyais souvent , Pour voir cette alliance était encor vivant.,

LE CHEVALIER

Âh! monsieur, n'allez pas rappeler de sa cendre Un oncle que j'aimais d'une amitié bien tendre. Ce garçon vous dira Texcès de mes douleurs , Et combien, à sa mort, j*ai répandu de pleurs.

VALENTIN

Qu'à son aine le ciel fasse miséricorde !

Mais nous parler de lui, c'est toucher une corde

Bien triste... et qui pourrait... Mais il était bien vieux.

DÉHOPHON.

Mais point trop. Nous étions de même âge tous deux , Cinquante ans environ.

VALENTIN

Ce mot se peut entendre £u diverses façons , suivant qu'on le veut prendre. Je dis qu'il était vieux pour son peu de santé ; Il se plaignait toujours de quelque infirmité.

DËtf0PH0r<«

Point du tout; et je crois que , dans toute sa vie , Il ne fut attaqué que de la maladie Qui causa de sa mort le funeste accident.

LE CHEVALIER

C'était un corps de fer.

VALENIIN.

U est vrai... Cependant...

LE CHEVALIER, bas à Valeotin.

Tais-toi donc.

DÉMOPUON.

Ce discours peut rouvrir votre plaie ; Prenons une matière et plus vive et plus gaie. Vous allez voir ma fille ; et j'ose me flatter Quc'Aon air et ses traits pourront vous contenter.

LE CHEVALIER

Il faudra que pour moi le devoir sollicite ;

Je compte , en vérité , bien peu sur mon mérite.

DÉHOPHON.

Vous avez ti-ès-grand tort, vous devez y compter ; Et du premier coup d'œil vous saurez l'enchanter.

318 LES MÉiNËCHMËS.

Je me coonais en gens, croyez-en ma parole : Et, de plus y Isabelle est une dre moUe Que je forme et pétris conome il me prend plaisir. Quand tous ne seriez pas au gré de son désir (Ce qui me tromperait bien fort) , je suis son père Et, pour Toir à mes lois combien elle défère , Mettez-vous à Técart , je m'en vais l'appeler ; Et , sans être aperça , vous Fentend rez parler.

(Il entre chez lui.)

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